Vous faites pitié à voir 2006
crédit photo : Cooke-sasseville

cooke-sasseville cooke-sasseville cooke-sasseville cooke-sasseville

Jean-François Cooke et Pierre Sasseville ont installé dans l'entrée de Rouje un grand panneau de bois. Une grande boîte peinte en rouge qui fait office de support à une photographie, photocopiée et peinte. Ce grand format est un autoportrait du duo, qui nous lance un "Vous faites pitié à voir", une phrase inscrite à même le panneau. Un verdict qui parle d'abord d'eux, comme en témoignent leurs gueules désabusées et leurs yeux d'où coulent des larmes écarlates. Cette sentence s'adresse aussi à nous, bien sûr; elle nous interpelle avec arrogance en même temps qu'elle se veut moraliste. Ne voulant absolument pas rater sa cible, la chose est volontiers criarde. En cela, Cooke et Sasseville ne dérogent pas à leur attitude habituelle. Le duo ne passe pas par quatre chemins. Cette fois, c'est absolument évident et d'autant plus efficace. Comme toujours, on retrouve une belle franchise, qui finira peut-être un jour par rallier leurs détracteurs (ils en ont). Depuis plusieurs années, le duo de Québec produit des pièces massives, jouant avec des images-chocs. Leur production est une production d'atelier. Ils construisent des objets imposants et concrets, d'une facture matérialiste qui participe en quelque sorte à leur propos et qui constitue désormais leur signature. Cette dernière production fait réagir. Mais encore - l'autoportrait l'exigeant -, il s'agit peut-être d'une de leurs propositions les plus sincères et assumées.

Texte : Nathalie Côté