Si j'avais su... 2008
crédit photo : Alexis Bellavance

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Dans la pénombre de la salle d'exposition, Cooke-Sasseville a mis en scène deux mannequins qui, tels des parachutistes à qui il serait arrivé un malheur, sont suspendus au plafond, empêtrés dans leurs cordages. Au sol, des caisses de transport, pas encore ouvertes, ont l'air de contenir des œuvres. Vêtus de combinaisons orange, de casques de motoneige et de bottes de caoutchouc blanc, ridicules dans leurs fâcheuses positions, les deux personnages portent à rire. Mais bientôt, un malaise s'installe. N'assistons-nous pas à l'échec d'une tentative de sauvetage du monde par l'art ? Puis, en observant de plus près les costumes, le malaise s'intensifie. En effet, l'on constate qu'ils sont, à l'instar de ceux des coureurs automobiles, ornés d'une multitude d'écussons. Il s'agit en fait des logos des divers organismes subventionneurs ou de diffusion qui ont soutenu Cooke-Sasseville jusqu'à maintenant. En choisissant d'exhiber ainsi ses " commanditaires " alors qu'il est dans le pétrin, le tandem semble pointer du doigt la pression exercée par le milieu de l'art. Un milieu axé sur la performance et où la qualité artistique se jauge trop souvent au nombre de badges récoltés ainsi qu'à la notoriété des noms qui y sont inscrits... À n'en pas douter, sous des dehors humoristiques, l'installation de Cooke-Sasseville laisse percer de profondes inquiétudes sur la nature des liens qui unissent l'artiste, l'art et la société.

Texte : Sylvette Babin