Au
centre de l'espace d'exposition, un cerveau - organe de direction par
excellence -rayonne sur l'ensemble des oeuvres. Une structure remarquable
installée au sol reprenant le dispositif des panneaux publicitaires
où apparaissent en alternance trois scènes: la photographie
d'un cerveau, un miroir qui réfléchit notre image et un
mur de fausses briques. La mécanique ingénieuse et volontairement
apparente participe au propos de la pièce en réfléchissant
sur notre propre fonctionnement. Puis, un confessionnal nous invite à
l'exploration de plaisirs solitaires. De l'extérieur, l'objet est
d'une sobriété presque... suspecte. À l'intérieur,
on s'agenouille sur un vibrateur géant et un jeu de miroirs multiplie
notre image. Expérience érotico-psychédélico-religieuse
(post-postmoderne!) avec au centre un immense vibrateur de caoutchouc
en guise de phallus dont les fonctions ne seront jamais altérées
sauf en cas de panne technique. Tout cela est très "masculin",
pourrait-on dire. Mais, cette dimension est complètement assumée
par les deux artistes. Il en va de même pour la "fontaine pissante",
où les figures d'un homme et d'une femme auréolés
laissent s'écouler de leurs organes-robinets (devenus identiques
par la magie de l'art!) un jet d'eau ininterrompu.''
Texte : Nathalie Côté |