Quoi de plus confortable que d’être la cause d’une catastrophe tout en ignorant sa propre responsabilité? Comme il est réconfortant d’observer d’un regard extérieur une scène de désolation à laquelle nous avons pris part activemment. Lorsque les conséquences de nos actions nous dépassent, aussi bien faire comme si elles n’existaient simplement pas. Fuir la réalité c’est si bon!
"Mourir enfin du duo de Québec Cooke-Sasseville plonge plus en profondeur dans l'espace de l'enfance et montre trois gamins munis de lampe de poche entourés de corbeaux étêtés. Est-ce une découverte ou le résultat de leur folie innocente? L'esthétique de la scène, son caractère intime et spectaculaire créent autant un malaise que de la fascination. Un vrai coup de coeur!"
Nadia Ross, Le Soleil
"...l'installationMourir enfin! du duo Cooke-Sasseville, elle a rejoint et même dépassé nos attentes, devenant l'une des oeuvres phares de cette biennale. Avec un fini plastique impeccable, cette pièce obtient du public une admiration instantanée..... c'est un fantastique et bouleversant morceau."
Sébastien Hudon, Voir
"À première vue, ça surgit comme une hallucination qui dure le temps qu'on passe de l'antichambre claire à salle obscure : il y a d'abord le chic, puis le choc et la découpe...
Derrière la balustrade, l'étalage est cadré en « vitrine cinémascope ». La communion se fait debout et sans tirer la langue. Au cœur de la pénombre, comme s'ils étaient sous une cloche de verre, des ventriloques tiennent des lampes torches comme des poignards : armes blanches dans le noir, volatile. Extinction de voix, rapaces exangues, machines rotatives : encore jeune, la terre continuera de tourner.
Mise en scène à l'avenant comme seuls le feraient des étalagistes de haut vol — Koons, BGL, Greenaway, Linch— la pièce montée de Cooke-Sasseville est superbe tant elle respecte les lois de la gravité plastique. L'image d'Épinal, c'est le moins qu'on puisse dire, fait à la fois sourire et monter dans la gorge une inquiétude de passage.
Théâtre d'opérations sanguinaires, l'installation conjugue en effets tout le futur de l'art contemporain : non plus au registre de la galerie d'art mais au registre de la scène. La chose est cruciale et sans équivoque : là, devant, s'exécute en boucle une tragédie comique, irréversible, réglée comme une horloge. Shakespeare et mannequins en stock, il n'y manque que le pendillon... C'est cela, Cooke-Sasseville, un vrai double bind médiatique, l'un passant côté cour, l'autre côté jardin, comme on passe l'arme à gauche pour devenir demi-Dieux...
À la lueur du sang séché, on comprend que Mourir enfin soit une opération complexe et délicate, soit celle de dire par une allégorie motorisée tous les bienfaits de la suspicion."
Blog de Jimi Paulz
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