Le plus beau jour de ma vie 2005
crédit photo : Ivan Binet

cooke-sasseville

Par le jeu des espaces, de la transparence, de la couleur, de l'éclairage et du mouvement, Le plus beau jour de ma vie est une installation paradoxale où une chose et son contraire se côtoient simultanément. Au premier coup d'œil, les spécificités de la construction lui confèrent une nature à la fois angoissante et apaisante. Trajet sombre et étroit, aspect massif et écrasant, ombres portées, silence, etc. L'installation inquiète et curieusement, par les mêmes procédés donnant naissance à cette inquiétude, elle inspire une forme de bien-être quasi zen. Par sa symétrie et la lumière s'en dégageant, elle n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'effet donné par une lanterne japonaise. C'est donc dans cet esprit de paradoxe que nous avons conçu Le plus beau jour de ma vie (expression elle-même paradoxale). Le quotidien, illustré par une multitude d'icônes, procure à la fois un accès au bonheur (par la transparence et le trajet imposé) mais joue également le rôle d'une cage, retenant ce même bonheur dans son enceinte. Illustration naïve à l'extrême d'un petit moment de bonheur inatteignable : un éléphant chatouillant un énorme chaton, tous deux roses, et tournant sur eux-mêmes indéfiniment. Enfermé dans ce cachot du quotidien, cette scène absurde devient le but à atteindre, fausse idole qui ne se dévoile entièrement qu'au bout d'un trajet, d'une quête, et qui par son non-sens, fascine et déçoit simultanément.