Le nouveau monde, du duo Cooke-Sasseville, incite à l'immersion olfactive par son odeur sucrée. Le spectateur y serpente au beau milieu d'un paysage et de sculptures animalières entièrement recouverts de pop-corn, où un bœuf de taille réelle côtoie un coq hors norme. La brouette, en tonneau des Danaïdes, ne peut charrier la quantité de maïs soufflé présente. Le néon blanc surplombant le naïf paysage nous ramène à une réalité agricole nettement moins ludique. L'œuvre convoque les sens, de la gourmandise à l'écœurement, tout en soulevant les questions de surproduction et d'uniformisation des cultures. Le choix du maïs est particulièrement pertinent quand on examine la proportion de cette culture dans la région, ainsi que le flou environnemental entourant cette production OGM friande d'eau et de pesticides, dont les conséquences sur la santé restent elles aussi nébuleuses. L'alimentaire est lieu de surproduction, emballement obèse d'un besoin en roue libre.''
Texte tiré de :
ETC, revue de l'art actuel, numéro 77, Le deuxième quartier d'Orange, texte de Joan Doré |