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Le travail d'équipe n'est pas l' uni on de deux démarches
individuelles; c'est plutôt la naissance d'une nouvelle démarche
qui puise ses fondements dans nos recherches antérieures respectives,
mais qui ne se veut pas la superposition de celles-ci. " Cooke -
Sasseville Complétant cette année une Maîtrise conjointe
en arts visuels à l'Université Laval, Jean-François
Cooke et Pierre Sasseville travaillent en duo, depuis maintenant deux
ans à Québec, sous le nom collectif Cooke - Sasseville.
Alliant le bâti à l'image photographiée et le mécanique
à l'espace lumineux, la plupart des oeuvres de ce duo empruntent
leurs constructions tout autant séduisantes qu'artificielles, à
l'espace scénarisé. La sculpture installative Projet fontaine
(2001) y puise précisément ses devantures d'un charme étincelant
et le diptyque Agresseur / agressé (2002) ses affiches déroutantes.
Présentées dans cette exposition, ces deux réalisations
détiennent la faculté de magnétiser le regard. Pouvant
transmettre l'impression d'avoir été prélevée
d'un parc d'amusement, voire d'une Église au culte précurseur,
l'oeuvre Projet fontaine se compose principalement de bois - gris immaculé
-, de matière plastique et de néons. Cette oeuvre exhibe
un homme ainsi qu'une femme , complètement nus, urinant continuellement
dans un bassin en affichant une attitude nonchalante. On pourrait croire
ceux- ci indifférents à leur entourage. Distinctement installés
dans une structure astrale aux abords d'une niche ou d'un vit rail, ces
bienheureux post-modernes manifesteraient leur suprématie, leur
autosuffisance. Dominants, ces bienheureux de Projet fontaine se placent
au coeur de la construction - tout comme l'est positionné l'homme
se battant contre lui-même dans Agresseur/agressé. Auréolés
dans une mise en scène spectaculaire, l'homme et la femme deviennent
même divins. Ils se substituent aux figures de culte traditionnelles
créées et adorées par l'être humain, par leurs
semblables. Projet fontaine affiche sa substitution divine tout en montrant
un croisement de techniques et de matériaux. De plus, l'oeuvre
étale l'union de l'iconographie religieuse et de l'esthétique
techno; deux langages visuels s'opposant diamétralement de prime
abord . Modification, hybridation, amalgame, encouragent ici une réflexion
sur notre époque, où tout un chacun s'applique à
l'amélioration, au réseautage, au fusionnement même
d'extrêmes, pour mieux maîtriser. Ces repères incitent
à une anticipation de l'humanité prochaine, cet te civilisation
autosuffisante qu'on s'applique à édifier.
Texte
: Mélanie Boucher |