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L'art
de Cooke-Sasseville est empreint d'un humour tantôt absurde, tantôt
cinglant et parfois franchement cynique. Par des thématiques proches
de nos préoccupations quotidiennes – quête du bonheur,
relations amoureuses, sexualité –, leurs œuvres convoquent
l'ordinaire et le banal, mais prennent souvent forme dans une facture
et des mises en scène nettement surréalistes. Ainsi des
installations aux éléments de dimensions démesurées
ou des ménageries de poules orange, de chat et d'éléphant
roses font-elles partie de l'univers loufoque des artistes. Avec cette
touche de provocation qui les distingue si bien, Cooke-Sasseville ont
notamment traité de la mort dans une allée de quilles (Aller
simple, 2006), conçu des structures auto-érotiques (Le confessionnal,
2002, L'envie, 2003) ou fabriqué en série des sexes suintant
ou giclant des fluides (Le mur des lamentations, 2003, Silence on coule,
2005). À travers ces œuvres, le duo pointe du doigt divers
comportements communément acquis, voire banalisés, dans
la société occidentale. Ainsi, l'installation Silence on
coule proposait des pénis et des vulves en céramique éjaculant
du pétrole sur un autel entouré de slogans publicitaires
qui associent des caractéristiques humaines (robustesse, sexualité,
arrogance...) à celles d'une voiture, tandis que Le Nouveau Monde
– un enclos abritant des animaux de ferme entièrement recouverts
de maïs soufflé – nous rappelait les excès de
l'industrie agro-alimentaire, dont la très controversée
production d'éthanol de maïs. Si nous pouvons rire aux éclats
en côtoyant les œuvres de Cooke-Sasseville, nous constatons
rapidement qu'un sens plus inquiétant se dissimule derrière
la porte du confessionnal ou dans une brouette remplie de pop-corn. Sylvette
Babin, artiste et directrice de la revue ESSE Sylvette
Babin, artist and editor of ESSE magazine |
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